« Salut, Bilitis, Mnasidika, salut. — Assieds-toi. Comment va ton mari? — Trop bien. Ne lui dites pas que vous m'avez vue. Il me tuerait s'il me savait ici. — Sois sans crainte.

— Et voilà votre chambre? et voilà votre lit? Pardonne-moi. Je suis curieuse. — Tu connais cependant le lit de Myrrhinê. — Si peu. — On la dit jolie. — Et lascive, ô ma chère! mais taisons-nous.

— Que voulais-tu de moi? — Que tu me prêtes... — Parle. — Je n'ose nommer l'objet. — Nous n'en avons pas. — Vraiment? — Mnasidika est vierge. — Alors, où en acheter? — Chez le cordonnier Drakhôn.

— Dis aussi: qui te vend ton fil à broder? Le mien se casse dès qu'on le regarde. — Je le fais moi-même, mais Naïs en vend d'excellent. — À quel prix? — Trois oboles. — C'est cher. Et l'objet? — Deux drachmes — Adieu. »

82 — SOIR PRÈS DU FEU

L'hiver est dur, Mnasidika. Tout est froid, hors notre lit. Lève-toi, cependant, viens avec moi, car j'ai allumé un grand feu avec des souches mortes et du bois fendu.

Nous nous chaufferons accroupies, toutes nues, nos cheveux sur le dos, et nous boirons du lait dans la même coupe et nous mangerons des gâteaux au miel.

Comme la flamme est sonore et gaie! N'es-tu pas trop près? Ta peau devient rouge. Laisse-moi la baiser partout où le feu l'a faite brûlante.

Au milieu des tisons ardents je vais chauffer le fer et te coiffer ici. Avec les charbons éteints j'écrirai ton nom sur le mur.

83 — PRIÈRES