Tu étais jalouse de nous, Gyrinno, fille trop ardente. Que de bouquets as-tu fait suspendre au marteau de notre porte! Tu nous attendais au passage et tu nous suivais dans la rue.

Maintenant tu es selon tes vœux, étendue à la place aimée, et la tête sur ce coussin où flotte une autre odeur de femme. Tu es plus grande qu'elle n'était. Ton corps différent m'étonne.

Regarde, je t'ai enfin cédé. Oui, c'est moi. Tu peux jouer avec mes seins, caresser ma hanche, ouvrir mes genoux. Mon corps tout entier s'est livré à tes lèvres infatigables, — hélas!

Ah! Gyrinno! avec l'amour mes larmes aussi débordent! Essuie-les avec tes cheveux, ne les baise pas, ma chérie; et enlace moi de plus près encore pour maîtriser mes tremblements.

92 — L'EFFORT

Encore! assez de soupirs et de bras étirés! Recommence! Penses-tu donc que l'amour soit un délassement? Gyrinno, c'est une tâche, et de toutes la plus rude.

Réveille-toi! Il ne faut pas que tu dormes! Que m'importent tes paupières bleues et la barre de douleur qui brûle tes jambes maigres. Astarté bouillonne dans mes reins.

Nous nous sommes couchées avant le crépuscule. Voici déjà la mauvaise aurore; mais je ne suis pas lasse pour si peu. Je ne dormirai pas avant le second soir.

Je ne dormirai pas: il ne faut pas que tu dormes. Oh! comme la saveur du matin est amère! Gyrinno, appprécie-la. Les baisers sont plus difficiles, mais plus étranges, et plus lents.

93 — MYRRHINÊ (non traduite)