— Ne t'arrêteras-tu pas? — Je crois qu'il me parle encore! — Me quitteras-tu ainsi fâchée?... Tu ne réponds pas? Hélas! je n'ose plus parler.

— Il faut bien que je rentre chez moi pour changer de robe. — Et je ne puis te suivre? — Qui est ton père? — C'est le riche armateur Nikias. — Tu as de beaux yeux, je te pardonne. »

110 — LES BIJOUX

Un diadème d'or ajouré couronne mon front étroit et blanc. Cinq chaînettes d'or, qui font le tour de mes joues et de mon menton, se suspendent aux cheveux par deux larges agrafes.

Sur mes bras qu'envierait Iris, treize bracelets d'argent s'étagent. Qu'ils sont lourds! Mais ce sont des armes; et je sais une ennemie qui en a souffert.

Je suis vraiment toute couverte d'or. Mes seins sont cuirassés de deux pectoraux d'or. Les images des dieux ne sont pas aussi riches que je le suis.

Et je porte sur ma robe épaisse une cointure lamée d'argent. Tu pourras y lire ce vers: « Aime-moi éternellement; mais ne sois pas aflligé si je te trompe trois fois par jour. »

111 — L'INDIFFÉRENT

Dès qu'il est entré dans ma chambre, quel qu'il soit (cela importe-t-il?): « Vois, dis-je à l'esclave, quel bel homme! et qu'une courtisane est heureuse! »

Je le déclare Adônis, Arès ou Héraklès selon son visage, ou le Vieillard des Mers, si ses cheveux sont de pâle argent. Et alors, quels dédains pour la jeunesse légère!