Quand la première aube se mêla aux lueurs affaiblies des flambeaux, je fis entrer dans l'orgie une joueuse de flûte vicieuse et agile, qui tremblait un peu, ayant froid.

Louez la petite fille aux paupières bleues, aux cheveux courts, aux seins aigus, vêtue seulement d'une ceinture, d'où pendaient des rubans jaunes et des tiges d'iris noirs.

Louez-la! car elle fut adroite et fit des tours difficiles. Elle jonglait avec des cerceaux, sans rien casser dans la salle, et se glissait au travers comme une sauterelle.

Parfois elle faisait la roue sur les mains et sur les pieds. Ou bien les deux bras en l'air et les genoux écartés elle se courbait à la renverse et touchait la terre en riant.

132 — LA DANSE DES FLEURS

Anthis, danseuse de Lydie, a sept voiles autour d'elle. Elle déroule le voile jaune, sa chevelure noire se répand. Le voile rose glisse de sa bouche. Le voile blanc tombé laisse voir ses bras nus.

Elle dégage ses petits seins du voile rouge qui se dénoue. Elle abaisse le voile vert de sa croupe jusqu'aux pieds. Elle tire le voile bleu de ses épaules, mais elle presse sur sa pudeur le dernier voile transparent.

Les jeunes gens la supplient: elle secoue la tête en arrière. Au son des flûtes seulement, elle le déchire un peu, puis tout à fait, et, avec les gestes de la danse, elle cueille les fleurs de son corps,

En chantant: « Où sont mes roses? où sont mes violettes parfumées? Où sont mes touffes de persil? — Voilà mes roses, je vous les donne. Voilà mes violettes, en voulez-vous? Voilà mes beaux persils frisés. »

133 — LA DANSE DE SATYRA (non traduite)