— Torti-tortue, que fais-tu là au milieu? — Il est tombé dans la mer... — Hélas! Hélas! et comment cela? — Du haut des chevaux blancs. Du haut des chevaux blancs. »
7 — LE PASSANT
Comme j'étais assise le soir devant la porte de la maison, un jeune homme est venu à passer. Il m'a regardée, j'ai tourné la tête. Il m'a parlé, je n'ai pas répondu.
Il a voulu m'approcher. J'ai pris une faulx contre le mur et je lui aurais fendu la joue s'il avait avancé d'un pas.
Alors reculant un peu, il se mit à sourire et souffla vers moi dans sa main, disant. « Reçois le baiser. » Et j'ai crié et j'ai pleuré. Tant, que ma mère est accourue.
Inquiète, croyant que j'avais été piquée par un scorpion. Je pleurais: « Il m'a embrassée. » Ma mère aussi m'a embrassée et m'a emportée dans ses bras.
8 — LE RÉVEIL
Il fait déjà grand jour. Je devrais être levée. Mais le sommeil du matin est doux et la chaleur du lit me retient blottie. Je veux rester couchée encore.
Tout à l'heure j'irai dans l'étable. Je donnerai aux chèvres de l'herbe et des fleurs, et l'outre d'eau fraîche tirée du puits, où je boirai en même temps qu'elles.
Puis je les attacherai au poteau pour traire leurs douces mamelles tièdes; et si les chevreaux n'en sont pas jaloux, je sucerai avec eux les tettes assouplies.