En vérité, ne peux-tu attendre! sommes nous des bêtes brutes pour nous prendre ainsi! Laisse-moi. Tu n'ouvriras ni mes genoux ni mes lèvres. Mes yeux mêmes, de peur de pleurer, se ferment.
143 — LA PETITE PHANIÔN
Étranger, arrête-toi, regarde qui t'a fait signe: c'est la petite Phaniôn de Kôs, elle mérite que tu la choisisses.
Vois, ses cheveux frisent comme du persil, sa peau est douce comme un duvet d'oiseau. Elle est petite et brune. Elle parle bien.
Si tu veux la suivre, elle ne te demandera pas tout l'argent de ton voyage; non, mais une drachme ou une paire de chaussures.
Tu trouveras chez elle un bon lit, des figues fraîches, du lait, du vin, et, s'il fait froid, il y aura du feu.
144 — INDICATIONS
S'il te faut, passant qui t'arrêtes, des cuisses élancées et des reins nerveux, une gorge dure, des genoux qui étreignent, va chez Plangô, c'est mon amie.
Si tu cherches une fille rieuse, avec des seins exubérants, la taille délicate, la croupe grasse et les reins creusés, va jusqu'au coin de cette rue, où demeure Spidorrhodellis.
Mais si les longues heures tranquilles dans les bras d'une courtisane, la peau douce, la chaleur du ventre et l'odeur des cheveux te plaisent, cherche Miltô, tu seras content.