N'espère pas beaucoup d'amour; mais profite de son expérience. On peut tout demander à une femme, quand elle est nue, quand il fait nuit, et quand les cent drachmes sont sur le foyer.

145 — LE MARCHAND DE FEMMES

« Qui est là? — Je suis le marchand de femmes. Ouvre la porte, Sôstrata, je te présente deux occasions. Celle-ci d'abord. Approche, Anasyrtolis, et défais-toi. — Elle est un peu grosse.

— C'est une beauté. De plus, elle danse la kordax et elle sait quatre-vingts chansons. — Tourne-toi. Lève les bras. Montre tes cheveux. Donne le pied. Souris. C'est bien.

— Celle-ci, maintenant. — Elle est trop jeune! — Non pas, elle a eu douze ans avant-hier, et tu ne lui apprendrais plus rien. — Ote ta tunique. Voyons? Non, elle est maigre.

— Je n'en demande qu'une mine. — Et la première? — Deux mines trente. — Trois mines les deux? — C'est dit. — Entrez là et lavez-vous. Toi, adieu. »

146 — L'ÉTRANGER

Étranger, ne va pas plus loin dans la ville. Tu ne trouveras ailleurs que chez moi des filles plus jeunes ni plus expertes. Je suis Sôstrata, célèbre au delà de la mer.

Vois celle-ci dont les yeux sont verts comme l'eau dans l'herbe. Tu n'en veux pas? Voici d'autres yeux qui sont noirs comme la violette, et une chevelure de trois coudées.

J'ai mieux encore. Xanthô, ouvre ta cyclas. Étranger, ses seins sont durs comme le coing, touche-les. Et son beau ventre, tu le voie, porte les trois plis de Kypris.