—Ni de te dire pourquoi, fils de chien.

Parrhasios, hors de lui-même, devint plus rouge que son manteau. Le vendeur, tout alarmé, avança des bras suppliants.

—Ne l'écoute pas, seigneur, il parle comme un insensé. Et c'est pure malice de sa part, car il a plus de cervelle que moi. Il est médecin. Pour la science comme pour l'habileté, il n'avait pas son pareil dans Olynthe. Je te dis là ce que tout le monde répète, car il était célèbre jusqu'en Macédoine. On m'a dit que depuis trente ans il a guéri plus d'Olynthiens que nous n'avons pu en tuer le jour où nous avons pris la ville. Ce sera un esclave précieux dès que tu l'auras mis à la chaîne et qu'il aura senti le bâton; car il fait encore l'insolent, mais il changera de ton comme les autres. Alors, si tu sais le mener, tu ne connaîtras pas la mort avant ton centième hiver. Donne-moi trente drachmes et Nicostrate sera ta chose pour toujours.

—Nicostrate? répéta Parrhasios vers moi. En effet. Je connais ce nom. Mon indifférence est totale envers sa science de médecin. Toutes mes drogues sont dans ma cave et l'une me guérit fort bien des indigestions que l'autre donne. Quand parfois je suis enrhumé, je ne m'applique pas d'autre emplâtre qu'une belle fille aux seins brûlants sur ma poitrine étendue, et je compte bien vivre cent ans sans l'aide de cet apothicaire.

Se tournant vers le vendeur, il ordonna:

—Ote-lui ses vêtements.

Nicostrate se laissa faire, impuissant et dédaigneux.

Parrhasios continua de commander.

—Mets-le de face, et les bras tombants. Bien... De côté... De dos... A droite maintenant... Encore de face... Marché conclu.