Je ne l'eus jamais pour modèle.

Le malheureux ne posa qu'une fois, et vous allez savoir comment.

IV

Je revins seul, à cheval, à travers l'Attique. Pendant mes cinq années d'absence, des créanciers avaient vendu le peu de bien que je possédais, et je descendis simplement dans une hôtellerie d'Athènes pour les longues semaines nécessaires à ma nouvelle installation.

Parrhasios m'avait suivi à quelques jours d'intervalle. Apprenant dans quel lieu modeste j'avais fait porter mes bagages, il ne voulut point que j'acceptasse d'autre hospitalité que la sienne et me fit dire qu'il m'attendait.

Le lendemain, je me rendis chez lui, seul, et pour décliner son offre.

Il habitait, à mi-chemin entre le Céramique et l'Académie, un palais de marbre et d'airain, près de la maisonnette où vivait Platon. Ses jardins s'étendaient très bas jusqu'aux rives bleues du Cyclobore, et de l'autre côté, remontant vers la route, ils entouraient l'édifice blanc d'arbres inutiles et fastueux.

Par une faiblesse inattendue chez un homme de sa valeur, Parrhasios aimait à donner l'ostentation de la richesse. Sa fortune était immense: il faisait qu'on n'en doutât point. Et d'ailleurs, prenant leur part de plaisir à toutes les voluptés offertes, il voulait éprouver sans cesse le marbre frais, les soies fines, la peau plus douce encore des vierges, la pourpre seyant au visage, l'or inaltérable et solaire. C'est pourquoi sa maison ressemblait au palais d'Artaxercès.

Il m'accueillit au seuil de la grande cour intérieure qui lui servait d'atelier.