— Cela te fait honneur, Joël. Mais, s’il en est ainsi, tu ne sais rien du cœur de Maïna. Et si elle allait dire non, elle ?
Et le vieillard avait un malicieux sourire aux lèvres.
Joël, en véritable étourneau, ne s’arrêta point à la contradiction.
— Oh ! — s’écria-t-il, — de ce côté-là, je suis bien tranquille. Il y a longtemps que nous sommes d’accord là-dessus.
— Longtemps ? — plaisanta encore le docteur. — Tu avais donc prévu mon autorisation ? C’est « prévenu » que je dois dire.
Et comme son neveu ne répondait rien, n’ayant rien à répondre, le vieillard passa son bras sous le sien et l’entraîna.
— Écoute : Ce n’est point de cela qu’il s’agit, mais bien du fait accompli. Vous vous aimez ; vous vous l’êtes dit ; vous êtes dignes l’un de l’autre ; par conséquent, ce mariage offre toutes les garanties de succès et de bonheur. Mais…
— Il y a un mais ? — interrogea Joël, devenu subitement inquiet.
— Oui, mon enfant, il y a un mais, et j’aime mieux te le faire connaître sans ambage.
C’est charmant, le mariage, et cela mérite toutes sortes d’encouragements. Certes, tu aurais le droit de me reprocher de n’avoir point mis ma conduite d’accord avec mon opinion. — Mais, encore une fois, ce n’est point de cela qu’il s’agit, mais de votre mariage éventuel. Eh bien ! voici ce que j’ai à te dire :