Celle-ci accusait son large cadre au milieu du lierre, de la vigne vierge, du chèvrefeuille, de la glycine, du jasmin d’Espagne, des volubilis de toutes couleurs, qui montaient à l’assaut de la maison avec une fougue désordonnée.

En bas, pas de plates-bandes, ni de massifs, mais le même désordre champêtre et exubérant : rosiers superbes, éclatants de santé, malgré les innombrables pousses gourmandes qui se pressaient à l’entour des tiges, leurs mères, fouillis de lis, de tulipes, de jacinthes, de renoncules, de fuchsias, sans compter les lilas arborescents, les marronniers et les acacias en pleine floraison, mêlant leurs chevelures débordantes et embrouillées.

— Jésus Sauveur ! — s’exclama la vieille femme, — qu’est-ce que vous faites donc là, monsieur ?

A ce cri, le jardinier improvisé se retourna.

Il releva sur son front une paire de lunettes montées sur écailles, et, après une seconde de placide condescendance, répondit :

— Mais, tu le vois, Tina : j’arrose.

— Vous arrosez ? Et qu’est-ce que vous arrosez donc comme ça, bonne Dame ?

Le vieillard se mit à rire et acquiesça allègrement :

— Oh ! tu peux voir, tu peux voir, — tant que tu voudras.

La servante se pencha sur le pot de fleurs et le considéra curieusement.