— Qu’est-ce que c’est que cette pousse-là ? — demanda-t-elle surprise.

Le docteur Le Budinio se mit à se frotter gaiement les paumes, faisant de temps à autre claquer les articulations de ses phalanges, ce qui était chez lui un signe de grand contentement.

La « pousse », — ainsi que l’appelait Corentine, — était une plante grêle, sans beaucoup d’éclat, aux feuilles assez semblables à celles du laurier-thym, à la tige longue, peu fournie en verdure, se terminant par deux ou trois grappes rigides, dont l’une commençait à se transformer en une façon de thyrse figuré par de toutes petites fleurs violettes.

— Alors, — questionna gaiement le docteur, — tu ne sais pas ce que c’est que ça ?

— Dame, non, monsieur ! — répliqua la servante sincèrement.

Le vieillard se mit à rire, en proie à une très visible allégresse.

— Voilà ce que c’est, Tina, que de ne pas savoir les choses ! Cette plante-là, c’est de la véronique.

— Véronique ? — répéta Corentine, dont les yeux trahirent l’ignorance.

Le docteur se prit à rire de plus belle.

— Allons, allons ! Tu n’y es pas, décidément. Qui est-ce qui appelle Véronique, dans la maison ?