L’un portait à la tête une large blessure par laquelle le sang s’écoulait ; l’autre avait subi les premiers phénomènes de l’asphyxie.

En les voyant, le docteur hocha la tête.

— Toi, Joël, — dit-il à son neveu, — charge-toi du noyé. Tina s’entend fort bien à la chose. Moi, je me réserve le blessé, et ta cousine suffira à m’aider dans cette besogne.

Il fallut une demi-heure pour ranimer le premier.

Quant au second, bien qu’il eût absorbé moins d’eau, la fracture du crâne le mettait dans une situation plus inquiétante. Par bonheur, le sang répandu l’avait préservé d’une congestion immédiate.

Aussi, lorsque, au bout d’une heure, le vieux médecin, secondé par sa nièce, eut terminé les premiers pansements, il put dire, avec une satisfaction joyeuse :

— Allons ! s’il plaît à Dieu de leur épargner des secousses ultérieures, ils en réchapperont tous les deux.

Et il permit aux familles des deux naufragés, deux douaniers marins, d’emporter leurs proches à leurs domiciles respectifs.

Telle fut la première épreuve de Maïna.

Elle put se féliciter de n’avoir pas à la renouveler le même jour.