Cependant l’holocauste ne l’avait point satisfaite.

Elle revint à la charge et s’acharna sur la carcasse qui se laissa voir, un instant, broyée, le flanc ouvert par l’épouvantable choc qui l’avait fracassée.

L’eau se mit à déchiqueter cet amas de bois, de fer et de cordes, et, en quelques minutes, d’informes débris jonchèrent la plage au pied des remparts, roulés par l’écume, lâchés, puis ressaisis, dans un jeu infernal, par l’invisible main qui venait de rompre leur cohésion.

De nouveaux cris retentirent du sein de la foule haletante.

Aux fragments du bateau, trois corps étaient mêlés.

De toutes parts on s’élança pour les recueillir. L’eau jouait avec ces dépouilles comme un chat avec une souris.

Il fallut encore quelques minutes pour les lui reprendre. Et naturellement, ainsi que l’avait prévu le docteur, ce fut chez lui que l’on transporta les infortunés.

Hélas, l’un d’eux avait cessé de vivre. Ce n’était point la submersion qui l’avait tué.

On trouva dans sa poitrine un fer de gaffe dont la lame avait brisé le bois. Celui-là n’avait point souffert. Il était mort sur le coup.

Les deux autres, bien que dans un état pitoyable, laissaient encore des espérances.