« Voyons, dit Jacques, il ne faut pas perdre de temps. Disposons toutes choses en vue du rôle que nous allons jouer. Parles-tu anglais, Evel ?

— Hum ! fit le Breton, je le parle mal, mais je le parle.

— Tant pis ! Moi, je le parle bien, mais j’ai été prisonnier à Bombay. J’ai peur d’être reconnu. Il faudrait que tu pusses passer pour mon second.

— Pourquoi faire, commandant ?

— Je vais te le dire. Tu déclarerais que je suis malade, et qu’on ne sait pas bien de quoi. Je me charge de simuler une maladie éruptive.

— Ah ! Et pourquoi simulerez-vous cette maladie, commandant ?

— Parce qu’on nous mettra en quarantaine, et on enverra un médecin visiter le navire. Or, leurs médecins ne sont pas très forts. Celui qu’ils enverront croira tout ce que je lui dirai.

— Bon, mais, moi, je n’aurai l’air que d’un Anglais mauvais teint. »

La remarque était juste. Elle fit froncer les sourcils au jeune officier.

« C’est très ennuyeux. Je serai contraint de risquer le paquet moi-même. »