— Eh bien ! mon garçon, nous sommes sauvés. Écoute bien ce que je vais te dire. »
Les trois auditeurs ouvraient des yeux pleins d’étonnement. Clavaillan poursuivit :
« Regarde cette feuille, dit-il en montrant le rôle. Le second du navire s’appelle John Llewyn. C’est un Gallois, comme qui dirait un frère jumeau des Bretons, et la langue des Gallois est cousine germaine du breton.
— Je ne comprends pas très bien, répliqua Evel dont les traits épanouis confirmaient surabondamment cette déclaration.
— Tu ne comprends pas, tête de fer ! C’est pourtant facile à comprendre. »
Et, insistant sur ses paroles, il en donna toute l’explication désirable.
« C’est toi qui vas devenir le second Llewyn, tandis que je serai, moi, le capitaine Frank Hollis. Le peu d’anglais que tu parles sera suffisant. Pour le surplus, tu leur baragouineras du breton, et Will t’accompagnera pour t’épargner des sottises et t’aider à te tirer d’affaire. »
Evel hocha la tête, mais finit pas acquiescer.
« Ah ! si le moussaillon m’accompagne, ça va. Je ne me serais jamais tiré d’embarras tout seul. Mais avec lui, c’est différent. Nous réussirons. »
Alors Clavaillan s’adressa au Basque et lui demanda :