Il s’agissait, en effet, de gagner de vitesse et de courir vers le sud, dans la prévision que les Anglais auraient découvert l’audacieuse supercherie.

Il pouvait se faire, en effet, que la flottille eût eu connaissance des évènements accomplis au voisinage des îles Seychelles et que ses chefs eussent deviné le stratagème auquel le lieutenant de Surcouf avait eu recours.

Et Clavaillan était d’autant plus pressé de mettre de l’espace entre lui et la côte indienne qu’il avait donné l’ordre à son second de le suivre à bonne distance avec la Sainte-Marie.

Si les deux navires parvenaient à opérer leur jonction, les chances pourraient se rétablir en faveur du corsaire. Serré de trop près, il coulerait le Good Hope et fuirait avec le brick.

La nuit s’acheva sans incident. Mais quand le soleil fut levé, la vigie du Good Hope signala trois voiles au nord-est.

Clavaillan s’arma de sa lunette et reconnut les vaisseaux.

Il n’y avait pas de doute possible : les Anglais lui donnaient la chasse.

CHAPITRE IX
APPRENTISSAGE

« Eh bien, petit Will, dit Evel à Guillaume, tu fais ton apprentissage dans de mauvaises conditions.

— Pourquoi mauvaises ? demanda l’enfant.