Et il ajouta, avec une naïveté qui remua le cœur du marquis :
« Souffre-t-on beaucoup pour mourir ?
— Will, répliqua Clavaillan, c’est là une question à laquelle nul vivant ne pourrait répondre. Mais, puisque tu la poses si ingénument, je te dirai que je ne le crois pas.
— Alors, raison de plus pour que la mort ne m’effraie pas. »
Clavaillan le considéra en silence, sans chercher à retenir les larmes qui lui venaient aux yeux et qui coulaient sur ses joues.
« Will, murmura-t-il, je puis te procurer une mort qui ne te fera pas souffrir, la mort la plus rapide qu’un homme puisse souhaiter. »
Il se tut. L’enfant fixait sur lui de grands yeux où se lisait une énergie virile et une résolution inébranlable.
« Je crois vous comprendre, commandant. Vous voulez faire sauter le bateau anglais qui nous porte.
— Tu l’as dit. Je ferai sauter le Good Hope avec celui des vaisseaux anglais que j’aborderai. Ça te va-t-il ?
— Oui, répéta Guillaume avec la même fermeté. Et je devine même que c’est à moi que vous voulez confier le soin de mettre le feu à la poudre qui fera sauter le Good Hope.