« Viendrez-vous demain, Anne ? » demanda un organe plus viril à l’accent étranger.

Il y eut une hésitation.

« Oui, je pense…, si je me sens plus en train que ce soir.

— Alors, adieu, Anne.

— Adieu, Fred ; merci de vous être dérangé ; dites à tout le monde que je regrette d’avoir interrompu la partie. »

Il y eut sans doute échange de poignées de main, puis le sable cria un peu sous des pas rapides, et la fillette parut devant la maison.

Anne était à l’âge charmant où, sans être jeune fille tout à fait, on n’est plus enfant.

Elle était grande, mince, mais à voir la largeur de ses épaules, la souplesse ondulante de sa taille, on pouvait présumer que deux ou trois ans à peine suffiraient pour épanouir merveilleusement ce buste d’adolescente.

Elle était toute vêtue de blanc, suivant la mode de ces contrées torrides, et son teint ressortait très mat, un peu doré, sous cette virginale parure.

Malgré la chaleur, ses cheveux noirs lustrés et tout bouclés flottaient sur ses épaules et entouraient son visage à l’ovale très pur, d’une multitude de frisons soyeux.