Allons ! tout était dit. Des doutes affreux le ressaisirent. Il se dit qu’il était bien définitivement abandonné cette fois, et il s’abattit à l’arrière du canot, la tête entre les bras, sanglotant comme un petit enfant.

Au-dessus de sa tête, les étoiles trouaient la voûte de leurs petits points clairs et scintillants, pareils à une poussière de diamants éparpillés sur un voile de deuil.

Au-dessous de lui, la mer se gonflait en larges vagues, à l’échine souple, au dos arrondi, qui le balançaient comme un nouveau-né dans son berceau.

Et Will ne voyait rien, n’avait pas un regard pour le sombre et grandiose spectacle de ce ciel et de cette eau confondus dans une même obscurité.

Enfoui dans sa douleur, priant pour ceux qu’il ne verrait plus, il pleurait.

....... .......... ...

Un cri traversa le vaste silence et le fit tressaillir.

C’était son nom qui avait roulé sur les échos de l’abîme. Une voix l’avait appelé, et cette voix, il avait cru la reconnaître.

Il se releva et tendit l’oreille, prêtant toute son attention.

La voix traversa derechef l’espace, la voix de Piarrille Ustaritz, le Basque, qui jetait à pleins poumons son appel sonore :