« Ohé ! du canot ! Will ! petit Will, le mousse ! »
L’enfant se leva tout droit dans l’embarcation et répondit avec ferveur :
« Ohé ! du canot ! A moi ! Piarrille, à ton bord, dans le vent. »
Et de la sorte, pendant un quart d’heure, l’homme et l’enfant se répondirent.
Le second canot, maintenant, avait allumé son fanal. Will voyait la petite lueur courir et scintiller sur l’eau, paraître et disparaître sous les lames. Il se remit aux avirons et nagea hardiment à la rencontre de ses amis.
Il fallait une bonne demi-heure pour permettre aux deux embarcations de se rejoindre.
Mais quand elles furent bord à bord, le Basque fut le premier à accoster. Il sauta d’un bond dans celle qui portait Guillaume, et l’amarra à l’arrière de la sienne, afin de la remorquer vers le Good Hope.
Après quoi, se redressant, il ouvrit tout grands ses bras et étreignit l’enfant dans une accolade, quasi paternelle, riant et pleurant à la fois.
Une heure plus tard, Guillaume Ternant se retrouvait à bord du bâtiment qu’il avait quitté désespéré et qu’il ne croyait plus revoir.
Evel, puis Clavaillan le serrèrent en frémissant sur leur poitrine.