Et, à son tour, il appela Evel et Ustaritz et leur demanda sans détours :

« Garçons, lequel d’entre vous consentirait à rester sur le Good Hope avec une quinzaine de lurons pour recevoir le premier coup de feu de l’Anglais ?

— Dame ! fit Evel, c’est à vous de choisir, commandant ; car je crois bien que si vous nous consultez, chacun de nous dira Amen.

— Je tiens pourtant à ce que vous le décidiez vous-mêmes. Le poste est hasardeux et il y a quatre-vingts chances d’y rester.

— Pourvu qu’il y en ait vingt d’en sortir, s’écria insoucieusement le Basque, je suis tout prêt à faire ce qu’on m’ordonnera.

— Et moi, dit Evel, si l’amiral me promet un bon baril de vin ayant fait la traversée, je suis tout prêt aussi à tenir compagnie à Piarrille.

— Je te le promets en son nom, Breton de roche, répliqua Clavaillan, et je te permets de suivre Ustaritz à son bord.

— Pour lors, questionna celui-ci, que nous faudra-t-il faire ? »

Le lieutenant de Surcouf leur demanda toute leur attention.

« Écoutez, dit-il, voici en quoi consiste le plan de l’amiral. »