C’était donc à égalité d’armes qu’on allait combattre, du moins sous le rapport du nombre des canons. Car, en ce qui concernait le chiffre de l’équipage, les trois vaisseaux anglais représentaient un millier d’hommes.

Grande fut donc la surprise des marins français lorsque les signaux du Revenant donnèrent l’ordre de battre en retraite.

On prit chasse devant l’ennemi, ce qui n’alla pas sans provoquer quelques murmures. Mais la seule vue de Surcouf suffit à les réprimer.

Déjà le marquis, Evel, Ustaritz et Will étaient retournés sur la Sainte-Anne. Le Good Hope marchait au milieu de la flottille, protégé par la Confiance qui fermait la marche, ouverte par le Revenant.

Le corsaire, d’ailleurs, avait médité et préparé la manœuvre.

Par ses soins, deux pièces avaient été débarquées de la Confiance et placées sur le voilier anglais, à l’arrière.

« De cette façon, avait-il dit, nous aurons la satisfaction de les faire recevoir en amis par leur ancien compatriote. »

Il avait mandé à Clavaillan de se tenir en flanc de la colonne.

« As-tu parmi tes hommes un gaillard résolu qui veuille risquer une grosse chance de faire du mal aux Anglais, s’il n’est pas tué ?

— Je crois avoir ça, » répondit hardiment le marquis.