Tout le monde se dirigea vers le jardin et se rangea autour d’un assez vaste espace réservé aux artifices.

Et bientôt la nuit sereine s’illumina des plus vives clartés.

D’innombrables fusées éclatèrent avec un crépitement de fusillade, des soleils jetèrent leur lumière d’or et des roues firent de grandes traînées lumineuses.

Il y eut de tout jusqu’aux plus simples « pouldjerries » indiennes.

On appelle « pouldjerries » des pots de terre remplis de poudre inflammable et criblés de trous. Le feu étant mis à la poudre, celle-ci fuse de toutes parts et produit un assez brillant effet.

Le feu d’artifice terminé, on rentra dans les salons où la partie artistique de la soirée allait commencer.

C’était en effet le moment de mettre en valeur ses talents personnels. La musique fit naturellement tous les frais. Il y eut des morceaux de chant pour la plupart fort bien exécutés et d’innombrables morceaux de guitare et de harpe.

Ces deux instruments, les plus gracieux qu’une femme puisse manier, étaient en pleine vogue.

On jouait de la harpe comme on devait jouer plus tard du piano, c’est-à-dire avec fureur.

Seulement, à l’encontre du piano où en général les auditeurs ne voient que le dos de l’exécutant, la harpiste fait face au public et, qu’elle joue assise ou debout, peut faire valoir les avantages d’une jolie taille.