— On dit que c’est un homme d’une grande rigidité, impassible, méthodique, aussi dur pour lui-même que pour les autres.
— Et cette nouvelle pourrait-elle avoir une corrélation avec ce que nous disions tout à l’heure ?
— Sans doute, milady.
« Peut-être est-ce à lui que l’on va confier le commandement des troupes en Espagne.
— Peut-être, prononça sourdement le vieux général, que c’est là la pierre d’achoppement qui va faire tomber les géants français. »
La conversation était devenue si grave que la charmante maîtresse de maison, un peu inquiète pour l’entrain de sa soirée, hâta la fin du souper, afin de changer le cours des idées.
Quelques instants après, la même salle, dégagée de la table et des desserts qui la garnissaient, devenait un merveilleux salon de danse où tourbillonnaient à l’envie officiers et ladies.
On dansa au son d’un orchestre invisible composé de harpes, de guitares, de violons et de pianos.
Tout à coup, lady Stanhope, avec cette mobilité d’impression qui en faisait une créature fantasque, décevante à l’excès, mais toujours charmante, déclara qu’elle voulait faire danser toute seule, sans le secours des musiciens.
On traîna tout aussitôt un piano, et, avec un brio extraordinaire, pendant près d’une heure, les couples tournèrent aux accords de son instrument.