Ils s’arrêtaient parfois pour écouter et savourer son jeu de musicienne consommée.

Plusieurs fois, lady Blackwood était venue la prier de ne pas se fatiguer ; en riant, elle l’avait renvoyée, prétendant qu’en cas de besoin elle était sûre maintenant de pouvoir gagner sa vie.

Puis, toujours généreuse, elle avait prié qu’on s’occupât des musiciens, déclarant qu’elle entendait qu’ils profitassent tout à fait de ce petit repos.

Enfin, comme elle n’était pas habituée à semblable exercice, elle finit par être lasse, et, faisant tourner vivement le tabouret :

« Qui veut me remplacer ? » cria-t-elle gaiement.

Personne ne s’en souciait, et le bal reprit avec l’orchestre.

« Ouf ! fit-elle, ceci me remet en mémoire mes pauvres pianos.

— Quels pianos, Lily ? demanda lady Blackwood.

— Ah ! Mary, que je suis donc maladroite, je me suis vendue. Ou plutôt, non, je n’ai encore rien dit ; oubliez, Mary, et peut-être qu’un jour vous aurez la clef du mystère. »

Mais ce mot de mystère même n’était pas fait pour calmer la curiosité de la jeune femme.