Des pas résonnaient sur la route. C’était sans doute la patrouille qui revenait.
Ils repoussèrent tout doucement les portes jusqu’à les ajuster de nouveau. Puis, se cachant sous le berceau de l’embarcation, ils se tinrent dans une immobilité absolue, tendant leur ouïe en un effort plein de terreur.
La ronde s’approcha. La cadence de vingt pieds frappant régulièrement le sol leur communiqua l’ébranlement d’alentour. Un instant, l’épouvante les envahit. Ils avaient perçu une interruption, un arrêt dans la marche.
Mais ce ne fut qu’une fausse alerte. La troupe poursuivit son chemin.
Alors, Evel, Ustaritz et Guillaume Ternant ouvrirent en grand les battants de la porte et s’apprêtèrent à faire rouler le chariot sur les rails.
On entendit au loin la voix d’argent des horloges de la ville.
Elles égrenèrent onze coups réguliers dans l’espace endormi.
Evel fouilla du regard les ténèbres dont l’horizon était tapissé.
Il vit une ligne blanche onduler, comme un serpent, à deux cents piètres en avant.
« Le flot, murmura-t-il. Voilà la mer qui monte. Le capitaine devrait être ici.