— Le capitaine a dit qu’on embarquerait à minuit, prononça sentencieusement Piarrille Ustaritz. Nous avons une heure à l’attendre.

— Pourvu que la lune ne se lève pas ! soupira le Breton.

— Bah ! fit gaiement le petit Will, le bon Dieu nous a protégés jusqu’à présent. Ce n’est pas pour nous abandonner à la dernière minute.

— Bien dit, petit ! approuva le Breton. Donc attendons en confiance. »

Et, pour mieux attendre, ils se hissèrent dans le bateau, sous la toile qui le couvrait pour le préserver des insectes qui eussent taraudé le bois.

« M’est avis, dit Evel, que nous pourrions taper de l’œil un instant.

— Dors, si tu veux, accorda le Basque. Moi je vais attendre le capitaine. »

Et, repoussant le battant pour la seconde fois, il s’installa devant l’entrée et bourra tranquillement une vieille pipe qu’il alluma au feu de son briquet.

« Ne mets pas le feu à la cambuse, au moins ! » lui cria Evel en s’étendant paresseusement sur les plis de la voile repliée, au pied du mât.

Le somme provisoire du matelot ne fut pas de longue durée. Un sifflement vint en modulations très douces jusqu’à l’entre-bâillement de la porte. Ustaritz se mit sur ses pieds.