Dimanche, 18 août.
Alicante m'a plu énormément.
C'est une ville gaie et animée où il fait chaud, mais avec le tempérament d'une continuelle brise de mer. Ce doit être un délicieux séjour d'hiver pour les malades.
LE QUAI D'ALICANTE
La ville s'étend au bord de la mer entre des collines jaunes et nues et la quadruple rangée de dattiers de son grand quai. Ses maisons sont blanches, avec toits et terrasses; cela lui donne un air mauresque et le sang arabe qu'on perçoit circuler dans les veines de la plupart de ses habitants achève l'impression et nous fait voir l'Espagne au temps des Maures.
Les hommes ont le teint basané, les cheveux noirs, le nez sémite et les dents blanches, visibles dans un perpétuel sourire: l'air très arabe.
Les femmes ont des corps onduleux et souples, sont généralement de taille moyenne, ont de grands yeux noirs mourants, mais sont toutes fardées outrageusement.
L'on a une vue d'ensemble très réussie de la ville en allant se promener au bout de la jetée du port: on voit alors toutes ses blanches maisons derrière la raie verte des palmiers et le fond du tableau est formé par les collines jaune uni dominées par le château de Santa-Barbara. Tout ce spectacle se détache avec la vigueur particulière à ces climats sur le ciel presque blanc, tranchant avec le bleu sombre de la mer.