J’essayai, mais la guêpe s’échappa. Seulement, au lieu de revenir sur moi, elle retourna se coller obstinément à la fenêtre ; et ses ailes, droites le long de son corps, frémissaient bizarrement.
— Elles n’attaquent plus, les guêpes, maintenant ; elles ne cherchent plus à piquer. C’est qu’elles ont froid, c’est qu’elles ont de la peine à manger ; elles épuisent leur venin, elles voudraient bien dormir tout l’hiver. C’est le moment. Tu vas voir, cette nuit.
Et quand la nuit fut tombée, il plaça contre le mur l’échelle abandonnée par les maçons. Tout de même, il avait pris ses précautions. Il avait mis les gros gants, il avait mis le masque des charmeurs d’abeilles, il avait pris leur pipe. Il ne faisait pas autrement que les autres ; mais il le faisait à l’heure et à la saison.
Et il commença d’enfumer le nid de guêpes.
— Ce n’est pas assez, disait-il bien paisiblement à travers son nez ; ce ne serait pas suffisant. Ça ne sert qu’à les abrutir.
D’abord les guêpes avaient bourdonné ; puis elles se turent.
Alors, il prit une pince de fer, un pic, je ne sais quels autres outils.
— Qu’est-ce que tu vas faire, monsieur ? lui demandai-je.
— Entrer dedans, parbleu !
Il descella deux pierres, et froidement, avec sa pince, éventra le nid de guêpes. Il en retirait par grappes inertes, ces petites bêtes féroces, accrochées les unes aux autres, et les jetait dans un seau d’eau bouillante, à ses pieds. Cependant, il les regardait, il les regardait pour ainsi dire une à une, comme s’il les avait voulu compter.