» — La belle affaire, me répondit-il, avec une drague. Il y a des pays où on a des plongeurs, mais, ici, on n’en trouve pas. Les Indiens ne veulent pas plonger, et ce n’est pas l’affaire d’un hidalgo.
» — Ariaz, continuai-je, c’est indigne de la civilisation ; il faudrait avoir un scaphandrier !
» — Un scaphandrier ? fit-il.
» — Oui, un scaphandrier, avec une belle armure de cuivre et de cuir, des semelles de plomb, un casque magnifique, de gros yeux de cristal protégés par une grille de laiton. Comme ici, regarde, comme ici !
» Je lui montrai l’image que j’avais découverte dans le journal illustré, et il fut tout de suite au comble de l’enthousiasme.
» — C’est splendide, dit-il, c’est splendide ! Ce sera une gloire pour la patrie et pour le gouvernement du général Alfonso Garribay, dont je suis l’ami.
» Tout de suite, nous écrivîmes à Londres pour avoir un scaphandre perfectionné. Il ne faut pas se plaindre : Wilcox, Morton and Co nous l’envoyèrent trois mois après. Ariaz nous convoqua pour l’ouverture de la caisse. Nous étions quatre, en le comptant : moi, Diégo Zurita, Pedro de Carupano, et lui. Une armure, señores, c’était une armure véritable ! Impressionnant, grandiose ! Ariaz Pérez leva les bras au ciel et cria :
» — C’est comme du temps des conquistadores ! C’est le chevalier Cortez ressuscité, c’est Pizarro, c’est Bernal Diaz, corrégidor de Castille-Neuve !
» — Et il y a aussi une brochure, dans toutes les langues, ajouta Diégo Zurita, pour expliquer la manière de s’en servir.
» Et la brochure disait tout, en effet : comment il fallait entrer dans cette cuirasse, comment il la fallait bien lacer pour empêcher l’eau d’entrer, après avoir mis un triple vêtement de laine pour se garantir du froid des profondeurs, et comment il fallait se servir de la pompe pour faire respirer le scaphandrier, et les signaux pour la corde : plus d’air, moins d’air. Laisser filer le tuyau, remontez-moi… Enfin tout !