Quand le Jean Perdu fut informé que son fils était revenu dans le pays, et que la Louise touchait pour le garder vingt-cinq francs par mois, trois cents francs par an, il entra dans une grande stupeur. Sa femme essayait tous les jours de voir Petit Pierrot, mais les autres femmes de Blanzy lui disaient des injures, et lui jetaient des choses à la tête.
Le Jean Perdu alla voir le maire.
—C’est-il juste, lui dit-il, c’est-il juste qu’une étrangère ait pris mon enfant?
Il ajouta même:
—Mon pauvre enfant!
—Ça ne me regarde pas, répondit le maire. Vous l’avez donné à l’Assistance publique. Allez le réclamer. Vous avez toujours le droit.
Le Jean Perdu se décida. Un matin, il se rendit à Givet, au bureau des Enfants-Trouvés, pour demander qu’on lui rendît son fils. Il reconnut la grande maison triste, l’employé et le registre.
—J’ai réfléchi, dit-il. J’viens vous reprendre mon fils. V’là ses papiers.
—C’est en règle, dit l’employé. Vos sentiments paternels vous font honneur. L’enfant est en pension à Blanzy, chez Louise Massiot. Vous pourrez aller le chercher demain. Signez votre déclaration.
Comme le Jean Perdu allait prendre la plume, l’employé ajouta: