—Marie-Blanche? fit le professeur, presque malgré lui.

Il fut étonné d’avoir retrouvé ce nom aussi vite. Quand madame Fauche avait abandonné le domicile conjugal, Marie-Blanche n’avait que quelques mois. C’était une petite chose qui criait la nuit, et M. Fauche en avait gardé seulement le souvenir d’un animal aussi désagréable que le merle. Il dit, d’un air vindicatif:

—J’introduirai une action en désaveu de paternité.

—Monsieur fera comme il veut, répondit Louise.

M. Fauche avait peut-être de très bonnes raisons personnelles de ne pas croire à sa paternité. Mais ce n’étaient pas des raisons légales. Il le savait très bien. Louise répéta:

—Monsieur fera comme il veut.

Puis, elle ajouta tranquillement:

—Moi, j’vas sortir pour aller la chercher. Si on sonne, monsieur ouvrira.

Au bout de deux heures durant lesquelles les réflexions de M. Fauche furent confuses et irritées, on sonna, et M. Fauche alla ouvrir. C’était Mayonobe, le charbonnier d’en face, avec une malle sur les épaules. Mayonobe vend les bois et charbons au détail, tient une buvette, et monte les malles. Telles sont ses trois professions. M. Fauche regarda la malle d’un air indécis.

—C’est la malle de mademoiselle, dit Mayonobe tout naturellement. Mademoiselle et la bonne sont en bas. Elles paient la voiture.