— L’autre a regardé, fit-il d’une voix molle… Quelle mouise ! On n’est pas fadé, ce soir…
Guérande s’excusa :
— Ce n’est pas ma faute, allez !
— Non, dit l’homme au chapeau melon, ce n’est pas votre faute, je le pense bien… C’est des fois une consolation, vous voyez. Une consolation pour vous.
Ces paroles dénotaient un esprit tourné vers la philosophie, et comme une nuance de fraternelle pitié. Guérande en profita.
— Ecoutez, dit-il, je crois qu’il y en a encore, là-bas ?…
— Oui, fit l’homme. Deux. Des copains. On s’est mis ensemble, ce soir. Et pourquoi, bon Dieu de bon Dieu ?
— Eh bien, vous ne pourriez pas m’accompagner ? Si je dois me remettre à expliquer comme ça, jusqu’au bout de l’avenue, c’est ennuyeux. Je vous les donnerai pour la peine, mes quarante-cinq sous.
— Pour quatre ? dit l’homme amèrement. Ah ! c’est pas la peine. Mais pour la chose de vous faire conduite, je veux bien tout de même.
— Ça vous réchauffera ! expliqua Guérande.