— Mais je n’en avais pas, poursuivit Guérande. Et personne n’en aura, de ceux qui descendront : des serveurs, peut-être. On vient de leur donner dix francs. Bonne idée, que de risquer la correctionnelle pour deux billets de cent sous !
— On fait comme on peut, dit l’homme tristement.
— Et dire, éclata Guérande, qu’en ce moment la partie bat son plein dans les cercles, que dans une heure vous verrez sortir le gagnant, l’heureux gagnant, heureux, confiant, un peu saoul, un cigare à la bouche, reconnaissable à vingt pas, et les poches pleines de billets de banque. Vous êtes idiots !
— Monsieur, dit l’homme avec une sorte de respect, on est des pauvres bougres, vous comprenez, on ne sait pas !
De nouveau, ils se turent. Puis l’homme interrogea, avec timidité :
— Ces… choses-là, ces cercles, comme vous dites, où c’que c’est ?
— Ma foi, dit Guérande, je passe devant, c’est ma route. Si vous voulez venir…
Quand Guérande a fini de conter cette histoire, on s’écrie, on lui demande :
— Mais où l’avez-vous laissé, votre voleur ?