— A Paris ? proposa nettement M. Luze.
Mais elle secoua la tête.
— Nous y allons pour vingt-quatre heures, et mon mari ne me quittera pas.
— Alors, fit-il, jamais ?
Elle goûta ses yeux insatiables et attristés. Le goût du romanesque hâta la décision de son âme intrépide.
— Ecoutez, dit-elle : seriez-vous homme à descendre dans le jardin de l’hôtel la nuit ?
M. Luze calcula. Le mur n’a que deux mètres de haut, et, avec une échelle de son côté… il n’y a pas besoin d’être un athlète complet.
— Certes ! affirma-t-il avec un grand courage.
— Eh bien, mon mari monte se coucher à neuf heures tous les soirs, et je reste dans le salon jusqu’à minuit. Ah ! bien seule, bien seule, hélas !… Seulement, il m’oblige à fermer les volets de toute les pièces du rez-de-chaussée, par prudence : les fenêtres ouvertes et sans défense d’une banque, cela peut tenter les voleurs. Je puis cependant laisser un de ces volets entrebâillé et l’ouvrir sans bruit ; mais il faut que j’aille vous rejoindre dans le fond du jardin, je ne voudrais pas vous laisser entrer dans la maison : ce n’est pas prudent… Et comment saurai-je que vous êtes là ? Vous ne pouvez venir tous les jours, et il est dangereux de s’écrire !… Attendez !
Elle venait d’avoir une idée. Elle la révéla en mots pressés.