Puis il s’efforça d’introduire le vase malencontreux sous le canapé de son bureau.
— Qu’est-ce que tu fais ? demanda sa femme.
— Je le cache. J’aime mieux ne pas voir ça.
— Tu n’es pas fou ! protesta sa femme : nous avons un cadeau à faire aux Girardon !
— Ça, reconnut M. Lepoupin, c’est une excellente idée.
Ils se mirent à table, soulagés. Après le dîner, Mme Lepoupin prit sa plume et écrivit à Mme de Boisvieux le plus gentil billet du monde :
« Pourquoi, vous deux, nous gâtez-vous de la sorte, belle amie ? Et que je vous gronderais si je n’éprouvais tant de plaisir ! Tout ce qui vient de vous est toujours d’un goût charmant, mais cette dois, que vous dire ?… »
Il y en avait un peu plus long. Cependant on peut s’en tenir là. Après quoi, Mme Lepoupin remit le vase dans son enveloppe, non sans y avoir glissé la carte de M. et Mme Lepoupin, couvrit le carton du même papier brun, s’applaudit d’avoir même conservé la ficelle intacte, sonna sa femme de chambre, et lui dit : « Demain matin, vous irez porter ça chez Mme Girardon. Prenez le métro. Vous descendrez à Courcelles ; on change à Villiers. »
Elle reçut, le surlendemain, de Mme Girardon, le plus gentil billet du monde :
« Pourquoi, vous deux, nous gâtez-vous de la sorte, belle amie ? Et que je vous gronderais si je n’éprouvais tant de plaisir ! Tout ce qui vient de vous est toujours d’un goût charmant, mais cette fois, que vous dire ?… »