— Eh bien, dit-il, je vais vous y conduire en voiture.

Elle accepta, parce que c’était ce qu’elle avait souhaité. Pourtant, une fois qu’elle fut dans la voiture, son cœur battit très fort, à la fois de crainte et de désir, et que la peur se mêlât ainsi à la volupté lui paraissait très doux.

Le fiacre s’ébranla. André n’avait pas commis l’erreur de prendre une automobile. Il se félicita même que le cheval parût vieux, poussif, traquenardant à travers les brancards. Il n’était pas pressé d’arriver rue Condorcet. Il n’était pas encore pressé.

— Comme je vous ai comprise, hier, dit-il, et comme je vous remercie de me récompenser maintenant d’avoir compris !

Mme Sévoy avoua qu’il avait l’esprit sagace et profond.

— Vous veniez d’avoir une scène, dit-il. Avec votre mari, n’est-ce pas ?

Elle avait, en vérité, l’air trop honnête pour que ce fût avec un amant.

— Oui, répondit-elle. Il voulait rentrer à pied pour promener le chien, et moi, j’étais si fatiguée… je demandais une voiture. Il n’a pas cédé, il est parti ; et moi, je suis montée en tramway : il me laisse toujours sans argent !

Le fiacre, avec lenteur, remontait le boulevard Sébastopol ; et, quand il rencontrait une lourde charrette, une voiture de livraison, un enterrement, il se mettait derrière.

— … Oh ! quel homme ! continua Mme Sévoy.