«  — Ce n’est pas non plus un Mac Raë, un Mac Kinnon, un Mac Kee ?

«  — Cela me paraît certain, reconnut Archie,

«  — Alors… alors, c’est un Anglais ! Laissons-le là.

« Et ils le laissèrent là, acheva John Mac Ivor, avec sérénité. Tu comprends, puisque c’était un Anglais, ça n’était pas la peine de perdre son temps avec lui. »

DEUX MILLE ANS PLUS TARD…

En ce temps-là, qui n’est pas plus tard que la semaine dernière, dans l’intention de se mêler aux humains, Notre-Seigneur Jésus-Christ descendit pour la seconde fois du firmament, au-dessus duquel il trône. Il est tendre, il est doux, il est tout bonté et tout compassion ; il estimait que les hommes, pendant quatre ans, se sont fait décidément trop de mal ; il craignait qu’ils ne s’en fissent encore davantage. « Évitons, dit-il à son Père, qu’une guerre civile universelle succède à cette grande guerre des États : si les peuples s’entre-déchirent, à l’intérieur même de leurs frontières, ils ne travailleront plus. S’ils ne travaillent plus, ils mourront de faim. Je veux leur répéter ce que je leur ai dit il y a deux mille ans : « Il n’y aura de paix sur la terre que pour les hommes de bonne volonté. » Ceci est la grande nouvelle, la base même de mon Évangile ; en dehors de cette bonne volonté, il n’y a pas de salut. » Son Père y consentit, d’un seul de ces battements de sourcils qui font frémir le monde d’espérance ou d’inquiétude, et le Saint-Esprit prononça : « Fais comme tu voudras. »

Alors Jésus, d’un vol lumineux et léger, s’abattit sur la Terre. Il était accompagné de Pierre et de Jacques.

Le globe, en vertu des lois qu’a posées la Trinité créatrice, dès l’origine du monde, tourne sur lui-même en vingt-quatre heures. Il résulta de cette révolution que ce fut le sol de l’Angleterre qui, par hasard, se trouva sous leurs pieds quand ils eurent achevé leur chute harmonieuse. « L’Angleterre, fit remarquer Pierre avec quelque regret, car il est pasteur de l’Église catholique, est un pays protestant ! »

«  — Qu’importe, répondit paisiblement Jésus : il est chrétien. »

Pierre répondit que cette opinion lui semblait entachée d’indifférentisme, doctrine condamnée par les conciles. Après quoi, cependant, il ne protesta plus. Pour Jacques, il n’avait attaché qu’une médiocre attention à ce conflit dogmatique. Dans la simplicité de son cœur, il se réjouissait d’avance des choses nouvelles qu’il allait contempler.