— Ces hommes, c’que c’est dégoûtant ! J’tavais dit d’attendre que j’mette mon tablier sus c’marche, Napoléion !

En sautant sur le trottoir mouillé, M. Stuyvaërt avait fait jaillir sur le seuil immaculé quatre ou cinq petites gouttelettes de boue noirâtre. Se sentant coupable, il prit le parti de s’en aller sans en demander davantage, pour ne pas se faire d’histoires.

Il revint à six heures, ayant tout à fait oublié cet incident. Sa clef grinça dans la serrure, et il entra. Le petit vestibule, dallé de cubes en terre de Maubeuge, alternativement blancs et noirs, était, à cette heure, complètement obscur, et il n’aperçut rien dans la cuisine que le pot-au-feu, éclairé en dessous par la plaque rougie du fourneau. Il cria :

— Où c’est qu’tu es, Élodie, à c’t’heure ?…

— Ici, répondit-elle, dans c’salle à manger. J’n’ai point déjà fini d’laver c’vitres !

Il entra dans la salle à manger, pièce qui ne servait que dans les grandes circonstances, et plutôt comme parloir. Madame Stuyvaërt, montée sur une échelle, lavait les carreaux de la fenêtre. Elle avait troussé sa jupe autour de ses cuisses, avec une épingle de nourrice, pour s’en faire une culotte, car elle avait de la modestie. Cela donna des idées à son mari, qui lui pinça les mollets. Ce geste la fit sortir des soins qui l’absorbaient, mais pour lui rappeler que les hommes n’ont point de propreté.

— Jésus mon Dieu ! dit-elle. Je suis sûre que tu n’as pas fait attention en montant les marches !

M. Stuyvaërt n’avait pas fait attention. Il garda le silence. Élodie descendit de son échelle, et, faisant sauter les patins qu’elle avait aux pieds, alla, sur ses bas, avec une lampe, regarder le seuil.

— C’est c’que j’avais dit, fit-elle. Tu n’as pas plus de soin qu’un cochon… qu’un cochon sur son fumier. Tout est à recommencer.

Et elle recommença…