— Je dis que Blazeix est mort cette nuit…

— Mais de quoi ? C’est impossible, c’est… c’est effroyable !

— De quoi… Demande-le au médecin. Il a trouvé la mort toute naturelle, le médecin : péritonite foudroyante. Tu comprends, un homme qui avait eu deux fois la dysenterie, une fois le choléra, sans compter toutes les petites misères que nous rapportons… Sa femme a expliqué le cas de la façon la plus lucide. Tout est en règle. On l’enterre mardi. Voilà…

Je regardai Partonneau dans les yeux.

— Et tu crois, toi ?…

— Je ne crois rien du tout. Je crois ce que croit le médecin. Mon cher, il ne doit jamais y avoir qu’une vérité : la vérité officielle. Sans ça, où irions-nous ?

— Partonneau, murmurai-je d’une voix si basse que moi-même j’avais peine à m’entendre, alors, l’assurance ?…

— Eh bien, la compagnie la paiera, l’assurance. C’est une consolation pour madame Blazeix, n’est-ce pas ?

— Oui, oui !… Partonneau !… Avant-hier, je l’avais rencontré, Blazeix, et il m’a montré, en tube, je ne sais quel poison équatorial.

— Tu supposes qu’il s’est suicidé ? Suicidé gentiment, discrètement, en douceur ?