— Est-ce vrai, demanda-t-elle, tout de go, que M. Partonneau n’épouse pas madame Vaubelle ?

— En a-t-il jamais été question ?

Je crois avoir fait entendre qu’elle n’est point patiente. Et comme j’ai l’habitude, quand je suis embarrassé, de paraître considérer avec une attention profonde ce que je suis en train d’écrire, d’un coup de main, elle balaye les papiers qui couvraient ma table.

— Camille !

— Je n’aime pas qu’on mente mal ! C’est insupportable, et tu as l’air bête. Tout le monde sait que M. Partonneau était avec madame Vaubelle.

— Comment ? Qu’est-ce que c’est que ces mots-là ?…

— … Je me trompe. C’est madame Vaubelle qui était avec M. Partonneau. C’est elle qui voulait l’épouser, hein ? qui aurait tout fait pour se faire épouser — et aujourd’hui il ne la voit plus, jamais, jamais, ni devant le monde, ni toute seule… Pas la peine de faire celui qui tombe des nues ! En huit jours, elle a vieilli de vingt ans. Elle a… elle a son âge. On prétend qu’elle va se réconcilier avec son mari, le monsieur qui fait du fil, dans le Nord. Tout ça, on l’a raconté devant moi chez les Bohatier… et aussi que tu avais été l’un des premiers informés, que c’est toi qui as servi de commissionnaire à M. Partonneau.

J’évite de répondre directement.

— Admettons que c’est vrai, qu’est-ce que ça peut te faire ? Camille, occupe-toi de ce qui te regarde.

— Je m’occupe de ce qui me plaît.