— Les matelots américains du Manhattan ! dit-il. Ils viennent aussi chez Ti-Ka.
— C’est bon ! dit Pouldu.
Il venait de dégainer son sabre-baïonnette, et Barnavaux l’avait imité. C’est une chose qui se doit : quand on va, en copains du même pays et de la même arme, dans une maison comme celle de Ti-Ka, on ne doit pas y laisser entrer une autre troupe d’un autre pays et d’une autre arme. On apercevait dans l’ombre les vareuses bleuâtres et les bérets des Américains. Des matelots, ça n’a pas de sabres-baïonnettes ! Donc la partie était gagnée d’avance ; Barnavaux rigola.
Mais une voix commanda, parmi les cavaliers ennemis :
— Aux revolvers !
Elle avait dit ça en français, et Barnavaux, stupéfait, la reconnut. Il sauta de son cheval en criant :
— Plévech ! C’est toi, Plévech ?
L’autre était aussi descendu de cheval, en même temps que ses camarades. Il répondit, maussade :
— Oui, c’est moi !
Et Pouldu distingua encore, parmi ceux qu’il avait voulu égorger, Cloarec, Yves Le Blant, La Pige, tous des gabiers du Château-Renault.