M. Feathercock reconnut son incorrection, remit tout en ordre et dit amoureusement :
— Quelle délicieuse petite Anglaise vous auriez faite !
— Mais je suis Anglaise, répondit Yasmine doucement : avant d’être madame Hamdi, j’étais la femme de sir Archibald Beeston… J’avais voulu goûter des Orientaux. Croyez-moi, cher ami, une Européenne s’y habitue difficilement.
— Et… et les deux autres ? demanda M. Feathercock, qui commençait à sentir des regrets du choix qu’il avait fait.
— Léilah et Féridjé ? Ce sont des musulmanes, mon ami, de vraies musulmanes. Et, la preuve, c’est qu’elles ne vous ont pas montré leur visage, elles !
… A peu près dans le même moment, Mohammed-si-Koualdia quittait la demeure de Hamdi-bey, ayant reçu un bakchich honnête pour de mystérieux services. Et Hamdi s’écriait, en rentrant dans sa cour fraîche :
— Loué soit Allah, qui n’a pas converti tous les chrétiens ! Que deviendrions-nous, s’ils ne nous reprenaient pas les dames dont nous ne voulons plus !
XV
COMMENT LE RÉVÉREND JOHN FEATHERCOCK DUT QUITTER CONSTANTINOPLE
Quelques jours après les épousailles de M. Feathercock avec Yasmine, en laquelle, avec une certaine déception, il dut reconnaître bientôt une compatriote, Haydar-pacha, ministre de la septième police, manda auprès de lui, en audience particulière, Mohammed-si-Koualdia.