Et tous crièrent, illuminés :
— C’est vrai ! Nous avons besoin de ne pas travailler ! Le travail, c’est la vraie douleur ! C’est la malédiction depuis le commencement du monde ! Nous le savons : on nous l’enseigne ! Nous le savons bien mieux : nous le sentons !
Alors Ahira dit d’une voix convaincue :
— Donc, puisque Jésus fait des miracles, il faut qu’il fasse le miracle que nos devoirs soient faits !
Et ils s’écrièrent encore :
— Oui, c’est cela, que nos devoirs se fassent tout seuls !
Jérach se dirigea vers Jésus qui priait, et lui dit :
— Tu les entends ?
— Oui, répondit-il tristement. Mais si pourtant j’accède à leur désir, ils n’apprendront rien. Ils deviendront pareils aux brutes. Pareils aux sauvages qui sont là-bas, plus loin que l’Égypte, au Midi.
— Parfaitement ! acquiesça Jérach-Satan. Ce miracle sera immoral. Mais si tu ne fais pas ce miracle, ils ne croiront pas en toi. Et ils m’appartiendront.