» L’homme était resté parfaitement immobile et muet, à la place où son guide l’avait laissé.
» — Votre feuille de route, la lettre du major ?
» Il obéit et tira les papiers de sa poche.
» — … Tiens, vous vous appelez Dieutegard ? Un drôle de nom.
» Pas de réponse. Le portier continua :
» — Vous êtes aveugle, mais muet ? Ça ne vous ferait pas mal aux yeux, de parler !
» Cependant il fit conduire l’homme au premier étage par un infirmier. Et cet infirmier fut très doux, à cause de la grande pitié qui est dans le peuple pour les aveugles.
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— … Dieutegard, de la classe 78, dit le major. Je sais ce que c’est. Mon confrère de Romans m’a écrit : un simulateur anarchiste. Apportez l’ophtalmoscope.
C’était un major à trois galons, jeune encore, avec une figure vive qui éclatait d’intelligence ; une intelligence de montagnard, faite d’un âpre vouloir et de suite dans les idées. Il aimait son métier, qui était resté pour lui neuf et passionnant comme au premier jour.