— Et le cachet ? demanda Angélique.
— Le cachet ? Quel cachet ? fit-il étonné.
— Oui, combien t’a-t-on payé ?
— Mais, dit-il, il n’a pas été question de cachet. On ne m’en a pas parlé, je n’en ai pas parlé, je n’ai même pas songé à en parler puisque c’était au Beaumarchais. J’ai joué pour me faire connaître. C’est de la publicité, de la magnifique publicité, pour laquelle j’aurais dû payer, au contraire. Et la preuve, c’est qu’après-demain je joue chez le duc d’Argens. Oui ! chez le duc d’Argens. Angélique ! qu’est-ce que tu as, ma petite Angélique ?
Angélique avait passé des nuits sur ses éventails, elle était à bout de forces. Maintenant elle sanglotait, la tête au milieu de ses pinceaux à colle.
— Mais puisque je joue après-demain chez le duc d’Argens ! fit Uriel, convaincu.
En lui-même, il pensait :
— Elle est folle ! Je suis célèbre, et elle pleure ! C’est à n’y rien comprendre.
— Nous n’avons plus rien, Uriel, dit Angélique, plus rien. Pense !
— Tout s’arrangera, répondit-il, je suis célèbre : tout s’arrangera. Après-demain, je joue chez le duc d’Argens, je te dis !