— Possible. A ce titre, je l’ai entendu débiter au P. Recteur, au nom de tout le collège, un compliment de bonne année fort bien tourné et plein de beaux sentiments. Ces messieurs ont l’air de s’entendre à développer le cœur des jeunes gens.
— Comme les Ursulines.
— Avec une petite différence que le P. Recteur, dans sa réponse, a nettement accentuée : « Vous dites, mes enfants, que vous nous aimez, que vous aimez vos parents, et je vous crois, parce que vous avez le cœur bon. Cela suffit-il ? Pour des femmes peut-être… » Vous entendez, mademoiselle ?… « Pour des hommes, non. Il faut que vous ayez le cœur fort et que votre amour, dépassant le domaine du pur sentiment, s’affirme par l’énergie des actes. » Et il leur a déduit les applications pratiques. Cela m’a fixé sur la manière dont ces messieurs comprennent l’éducation.
— Y avait-il des dames dans l’auditoire ?
— Oui.
— Elles n’ont pas dû être flattées de la différence.
— Oh ! Tu penses bien que ce P. Recteur n’est pas Jésuite pour rien et qu’il a trouvé moyen de dire, par manière de parenthèse, que beaucoup de femmes ont des cœurs d’homme. Et celles qui étaient là n’auront pas manqué de se caser du côté le plus flatteur pour elles.
— Alors, vous avez eu du plaisir ?
— Un peu, surtout lorsque… » Ici, un petit chat dans la gorge.
— « Racontez-nous donc ça, papa. »