Quand le petit chat eut passé : « Eh bien, le matin de la comédie, j’ai assisté à la proclamation solennelle qui termine le trimestre. Les parents sont invités. Il m’avait fait mettre à côté de son professeur, qui est un homme fort aimable. Ces messieurs sont tous très aimables et gens de bonne compagnie. Le Révérend Père m’expliquait les choses, à mesure qu’elles se déroulaient. On proclama d’abord les places obtenues dans chacun des cours : composition de la semaine, travail de la quinzaine (cela s’appelle la diligence), excellence du mois. Le premier vient se présenter au P. Recteur, qui lui attache sur la poitrine une croix d’or ou d’argent et lui donne l’accolade. Le second n’a qu’un ruban, dont la couleur varie avec chaque branche — et celui-là, on le reçoit de la main de quelque professeur. Paul a été décoré de la croix de composition en discours français par le P. Recteur, et grâce à mon aimable voisin le professeur de rhétorique, qui m’a cédé son droit, c’est papa qui a eu l’honneur exceptionnel de fleurir son fils des deux rubans de diligence et d’excellence.

— Sans émotion aucune ? » demanda maman.

— « Je ne dis pas cela.

— Oh ! Papa a le cœur fort, comme tous les hommes. Moi, simple fille, je ne me serais pas gênée pour y aller d’une petite larme au coin de l’œil. C’est bien permis !

— Petite perfide !… Eh bien, oui… Mais c’était la première fois.

— Espérons que ce ne sera pas la dernière. Et après ?

— Après, sont venus les témoignages de bonne tenue et d’application, les bien, les très bien, les parfaitement bien, et j’ai encore eu la faveur de remettre à Paul… Devine quoi, Jeanne.

— Oh ! un bien, tout au plus.

— Ce serait encore trop pour toi… Un parfaitement bien, qui est dans ma valise et que je veux faire encadrer.

— Nous irons prier devant, n’est-ce pas, chaque soir, en pèlerinage ?