— Oui, répondis-je péniblement.

— Tu avais là des amis ?

— Plusieurs, un surtout : je lui écrivais, quand tu es entrée.

— Celui-là, je le connais ; il est bon. Mais, les autres, l’étaient-ils tous ? »

Je la regardai avec quelque surprise : elle ne m’avait jamais encore fait cette question. Elle la répéta de sa voix la plus douce, et son œil scrutateur plongeait au fond du mien : il fallut répondre :

« Bons… comme moi », fis-je un peu troublé. « Pourquoi cette question ?

— Parce que, s’ils avaient été tout à fait bons, notre père n’aurait pas eu besoin de chercher pour toi un autre milieu. C’est leur faute, si l’on t’envoie chez les Jésuites.

— Mes amis actuels valent peut-être bien ceux que j’aurai.

— Peut-être est le vrai mot ; car nous n’en savons rien encore, ni toi ni moi. Tu vas en faire l’expérience, mon petit Paul, dans quelques jours : si elle réussit, tu seras moins malheureux.

— Et si elle ne réussit pas ?